Jean-Joseph Rabearivelo : ce poète incompris tragiquement disparu
- Le « Chant retrouvé » est une exposition conçue par Claire Riffard, une ancienne enseignante au Lycée Français d'Antananarivo. Elle a retracé l'histoire du Poète contemporain malgache Jean-Joseph Rabearivelo. Cette réalisation est pour beaucoup une grande découverte sur la vie de ce grand nom de la littérature malgache.
« J'étudie au lycée Rabearivelo mais je ne sais pas grand chose de la vie de celui dont le nom est porté par mon école… je trouve cette exposition extraordinaire car elle permet de retracer la vie intense de cet homme de sa naissance, en passant par son adolescence, jusqu'à son suicide… A travers mes lectures, je me suis rendue compte que ses poèmes sont marqués par une profonde déception et reflètent un personnage en quête d'un objet perdu », constate Liliane, une lycéenne.
L'exposition s'appuie sur une collection de manuscrits numérisés, des textes et des photographies d'époque. Le contenu de l'exposition a fait l'objet de longues recherches de cette enseignante qui est tombé sous le charme poétique de Rabearivelo alors qu'elle enseignait au lycée français à Antananarivo. Les recherches de Claire Riffard vont au delà de ses écrits. Elle raconte la vie du pète, de son enfance à sa mort. Elle parle d'une vie pleine de talent mais empreinte d'amertume.
Claire Riffard évoque « l'enfance coloniale » qui met l'accent sur les contraintes vécues à cet époque. Elle aborde la fascination de Jean-Joseph Rabearivelo pour la France des Lettres et son amour pour son pays natal. La déception a été très grande pour le poète car il a été rejeté par les deux côtés. Sa fascination pour la France l'a conduit vers un projet ambitieux de la renaissance littéraire malgache. Mais malgré ses efforts, il ne peut éviter "la déchirure", qui l'emportera vers la mort en mettant fin à sa vie.
Né en 1901, Jean-Joseph Rabearivelo se donne la mort en 1937. Il est l'un des principaux fondateurs de la littérature contemporaine malgache. Poète, romancier et dramaturge, mais aussi essayiste et théoricien de la littérature, il a exploré des pistes et proposé des axes de création qui ont influencé durablement l'écriture littéraire à Madagascar. Rabearivelo est issu d'une très ancienne famille de la noblesse merina et dont la puissance déjà en déclin se trouve encore amoindrie par la colonisation française dès 1896.
C'est dans la poésie que Rabearivelo forge ses premières expériences littéraires. En s'honorant du titre de poète, il publie son premier recueil, La coupe de cendres, en 1924. Ce recueil prouve déjà une grande maîtrise des mètres et des rythmes. De 1924 à 1937, Rabearivelo a tenu un journal intime de 1800 pages. Les lignes de ce cahier développent ses sentiments d'amertume envers la société coloniale. Calepins bleus, un recueil de quatre volumes exprime cette rancune profonde et ce sentiment d'exclusion qui l'a poussé à commettre l'irréparable.
Le Centre Culturel Albert Camus à Analakely accueille l'exposition sur le poète Jean-Joseph Rabearivelo jusqu'au 1er décembre.
aody.mg du 19-11-2007
FMH