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lundi 27 juin 2005, napetrak'i / mis en ligne par Nary Petite histoire d'Andramasina S'établissant sur une éminence surplombant les bas-fonds par un talus très escarpé, les anciens princes n'ont pas entouré leur cité par un fossé rond (hadivory), mais ont procédé à des travaux qui accentuèrent la pente du talus originel pour en interdire l'escalade. C'est le cas, à Andramasina, pour le " " (hadim-bazimba) qui suit les rives de la Sisaony, au sud et à l'ouest du plateau habité. Située près d'une grande et belle cascade (riana) de la Sisaony, l'ancienne cité andriana est donc bien "an-driana", selon l'étymologie populaire donnée au mot "andriana". La cascade permettait à ses anciens maîtres d'assurer les rituels qui, après la mort, faisaient accéder à la vie dans l'au-delà. Son nom, Tsimanatimindrana "Qui ne rend pas ce qu'elle emprunte", reste dans beaucoup de régions de Madagascar le nom par lequel on désigne la mort et le Dieu des Enfers. C'est en l'absence d'une telle cascade à l'ouest des cités andriana nouvellement créées que, par la suite, furent installés, toujours à l'ouest des nouveaux établissements, les lacs sépultures, c'est-à-dire ces lacs ou ces étangs dans lesquels étaient ensevelis les entrailles et les sanies provenant du corps des princes qui venaient de trépasser. Souvent, ces lacs, considérés comme sacrés, irriguaient les rizières qu'elles étaient censées particulièrement fertiliser - le riz étant d'une nature divine (andriamanitra ny vary). Et selon les critères que choisissaient les Anciens pour l'établissement d'une telle cité, Andramasina fut installée, après défrichement, sur une partie encore vierge qu'occupait la forêt primitive. Sans que l'archéologie en ait encore localement apporté la preuve définitive, l'on peut, sans risque d'induire quiconque en erreur, dire que la création d'Andramasina remonte aux tout premiers temps de l'occupation de la région, puisque c'est à quelques kilomètres seulement que, surplombant Ankorona, se trouve Ambohimanana, le site actuellement connu comme le plus ancien des Hautes-terres. Trouvés à quatre mètres de profondeur dans un premier fossé qui fut ensuite comblé, lorsque la population augmenta, et datés au Carbone 14, des restes de charbon d'Ambohimanana donnent la date du IXe - Xe siècle de façon sûre. Ajoutons, pour mieux comprendre cette période que l'on dit "vazimba", que les fouilles d'Ambohimanana ont fourni la preuve que, dès cette époque, les Malgaches élevaient le zébu et en consommaient la viande. Que, dès cette époque aussi, connaissant évidemment la métallurgie du fer, ils en fabriquaient des outils et des instruments et utilisaient des couteaux pour sacrifier les animaux et en découper la viande. Jean-Pierre Domenichini Jean-Pierre Domenichini Petite histoire d'Andramasina (suite et fin) Le fils d'Andriantsolo, Ramanjaka qui avait épousé Ranoro, la veuve de Ramananolona, un cousin de Radama Ier exécuté sur ordres de Ranavalona Ire en 1828 à Fort-Dauphin - Faradifay, disait-on alors - hérita de la principauté. Un peu en amont de Vohitrarivo, il en a distrait, pour les donner à Ranavalona, les chutes d'Andriamamovoka sur l'Onive et les terres qui l'entourent. C'est là que la Reine fit édifier le Rova de Tsinjoarivo. Aux neveux de celle-ci, il donna deux îles de l'Onive : l'une à Ramahatrarivo, l'autre à Ramonja. Ce sont aujourd'hui Anosin-dRamahatra et Anosin-dRamonja, un peu en amont d'Anosimasina qu'il conserva. La maison d'Andramasina entretenait, notamment par les alliances matrimoniales, d'excellentes relations avec les souverains. Cela ne l'empêchait pas de rester sur son quant à soi. Quand Ranavalona Ire se rendit à Tsinjoarivo, elle passa par Andramasina, mais comme par hasard et à la satisfaction de Ramanjaka, les devins du lieu lui déconseillèrent d'aller à Antampon'Andramasina ! Cela permettait d'éviter d'autres demandes de la Reine auxquelles il n'aurait pas été possible de se soustraire. Les bonnes relations n'arrangeaient pas tout. Ramanjaka ayant pris une anguille de très grande taille dans ses fefin'amalona de Vohitrarivo, la fit porter à Ranavalona Ire. Lors de la préparation de ce mets de choix, les cuisiniers du Rova trouvèrent le crâne d'un chat dans le corps de l'anguille. La Reine pensa que Ramanjaka voulait l'ensorceler et dépêcha des Tsiarondahy pour l'exécuter. L'on informa ensuite la Reine que ce chat pouvait être simplement une des proies de l'anguille. Elle dépêcha alors d'autres Tsiarondahy pour annuler son premier ordre, mais ils arrivèrent trop tard : le mal était fait. En compensation, la Reine accorda à Ramanjaka de grandes funérailles. Son tombeau fut établi au nord de celui de son père, et il fut décidé qu'après le décès de sa femme qui y serait également "cachée", le tombeau, comme celui de tous les rois, ne serait plus ouvert. C'est pourquoi ce que l'on appelle "tombeau d'Andriantsolo" comporte en fait deux tombeaux dans le même monument. Celui-ci, jusqu'à la colonisation, était donc surmonté de deux trano manara. Rasoamanjaka, la fille de Ramanjaka, puis Rafondriaka, le fils de cette dernière, furent les derniers seigneurs d'Andramasina. Par la suite, le pouvoir seigneurial devait revenir à Rangory, fille de Rasoamanjaka ou à un homme ou une femme de sa descendance. La conquête française fit disparaître ces institutions, mais c'est dans la région où s'étaient réfugiés les zélateurs de Rakelimalaza condamné à l'autodafé par Ranavalona II, que, devant le retrait de la Cour dans le combat contre l'envahisseur, les Menalamba élirent un nouveau roi. Andramasina conservait son prestige et son ancienne autorité et restait une des sources d'inspiration du pouvoir selon la tradition ancestrale. Le pouvoir colonial n'y fut pas insensible puisque, dans la nouvelle administration, il lui conserva son rang de chef-lieu, ce rang que la cité conserve jusqu'à ce jour comme centre et capitale du Fivondronana d'Andramasina Jean-Pierre Domenichini |
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